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jeudi 17 mai 2018

Ostende à l'Ancre 2018

Alors que Dunkerque peine à organiser son rassemblement de vieux gréements (après le réel succès de l'Escale 2013), le repoussant sans cesse jusqu'en 2020 (si tout va bien...), Ostende réitère avec panache sa manifestation. Le port d'attache du Mercator est le siège d'une armada variée avec quelques invités de prestige tels le Belem, le Standard, venu de Saint-Petersburg ou l'Hydrograaf. Seul bémol cette année, un temps vraiment peu clément mais une ambiance qui est toujours aussi conviviale...





















mercredi 16 mai 2018

Quand la règle de Saint-Colomban était d’usage à l’abbaye de Bergues


Saint Winoc, d'abord établi à Wormhout, fonda le monastère de Bergues. Passé par l'abbaye de saint Bertin, située à Sithiu (aujourd'hui Saint-Omer), il suivi d'abord la règle de saint-Colomban, moine irlandais dont l'action evangélisatrice eut une importance indéniable en nos terres septentrionales. La rigueur et la rudesse de cette règle eut autant d'influence que le personnage lui-même dans la restauration du monachisme, voire même de la foi dans une région qu'il fallut evangeliser à nouveau. 

In Abbé Ch. De Croocq : « un saint de la Flandre Française, Saint-Winoc, abbé de Wormhout, patron de Bergues », extrait du tome XLIV des Annales du Comité Flamand de France », 1944, 190 pages, pp 37-40

                « N’oublions pas que saint Bertin et ses compagnons d’apostolat reçurent leur formation à Luxeuil sous saint Eustase, successeur immédiat de saint Colomban. C’est de là qu’ils sortirent à l’appel de saint Omer, et il semble évident qu’ils aient emporté avec eux la règle qu’ils avaient jusqu’alors suivie.
 
Cette règle de Luxeuil, code moral et pénal tout à la fois de perfection monastique, est restée célèbre par sa rudesse. Le moine doit viser à un détachement complet, à une abnégation absolue ; il renonce à sa famille, qu’il ne devra plus revoir, aux biens de ce monde qu’il doit sacrifier, aux plaisirs de la terre, à toutes ses aises. Pénible et constant sera son labeur, il défrichera, labourera, moissonnera, et par la pluie et le vent, par le chaud comme la froidure. Sa nourriture lui sera comptée comme son sommeil : jeûne tous les jours, unique repas vers trois heures de l’après-midi, mets fades et communs, légumes et pâtes, le poisson étant réservé pour les fêtes ; de la cervoise (sorte de bière), jamais de vin ni de viande. Le moine renonce à sa volonté propre ; au premier mot de son supérieur, il obéira sans protestation ni observation, si pénible, si impossible peut-être, soit la chose qu’on lui ordonne.
 
Tous les jours, deux fois, chacun devra s’accuser de ses négligences et de ses imperfections, et incontinent, recevra une correction sévère. Car cette règle prescrivait les châtiments corporels, les coups de verge appliqués pour certains cas jusqu’à eux cents fois, la prostration sans mouvement, durant le chant de douze psaumes à l’office de la nuit ; le jeûne au pain et à l’eau pendant deux ou trois jours.
 
Telle est la règle que saint Bertin avait connue et pratiquée. Lors de la fondation de Sithiu (Saint-Omer, ndlr) sans la suivre à proprement parler, il s’en inspira sans doute pour la formation religieuse de ses disciples, et l’on peut supposer qu’il en tempéra la rigueur. D’ailleurs, la règle de saint Colomban avait perdu du terrain, et dans bien des monastères on vivait d’après les deux codes monastiques, celui se saint Colomban et de celui de saint Benoît, associés en un judicieux amalgame.  A Luxeuil, même l’abbé Waldbert, successeur de saint Eustase, adopta la Règle de saint Benoît, au début de son gouvernement (620), et saint Eloi, encore laïque, l’imposa en 632 aux moines qu’il établit à Solignac. Bientôt même, la Règle de saint Benoît l’emporta définitivement, si bien qu’un siècle après la mort du moine irlandais -615), elle était partout en usage ; moins rude et plus pratique, elle offrait le même idéal de sainteté et d’abnégation, tout en professant une tendre compassion pour l’infirmité de la nature humaine. A Sithiu, où assurément le souvenir et les prescriptions de saint Colomban étaient restées vivaces, la substitution était-elle opérée à l’époque où Winoc et ses compagnons y furent admis ? On ne sait, mais on peut croire que saint Bertin, entraîné lui aussi vers la règle bénédictine, n’aura pas tardé à suivre le mouvement général.
 
(…)
 
Quel vêtement porta saint-Winoc ? D’après les considérations qui précèdent, on peut admettre raisonnablement que sa carrière cénobitique, qui embrasse une période de 55 à 60 années, de 660 environ à 717, commença sous la règle de saint Colomban et qu’elle s’acheva sous celle de saint Benoît. Il aurait donc porté le vêtement Colombien, puis le vêtement Bénédictin. Selon des témoignages sérieux, les religieux Colombanistes étaient habillés de blanc. Quant aux Bénédictins de l’époque primitive, on semble d’accord pour dire que leur vêtement n’était pas noir, mais de couleur sombre. Il est probable que les moines s’habillèrent d’abord de toutes les couleurs modestes dont on teignait les vêtements des pauvres, ou, pour éviter les frais de teinture, de la couleur naturelle des fils dont on tissait leurs vêtements, teinte bise du chanvre, teinte blanc sale de la laine, teinte brune du poil de chèvre. Pour la forme de ce vêtement, elle avait dû être, d’après l’usage des couvents d’alors, quelque chose de simple et d’ample, habillant d’une seule pièce, une robe en sac avec capuchon, le vêtement grossier du peuple au haut moyen âge, la coule de nos moines avec des formes moins correctes et assez rustiques.

lundi 9 avril 2018

en passant par le cimetière allemand de Vladslo (Belgique)

Le cimetière militaire allemand de Vladslo est situé à environ trois kilomètres au nord-est de Vladslo, près de Dixmude, en Belgique. Créé pendant la Première Guerre mondiale, il abrite 3233 sépultures de guerre. En 1956 on y a concentré les sépultures de nombreux petits cimetières des environs, et on y trouve à présent les restes de 25 644 soldats. Chaque pierre porte les noms de vingt soldats, avec seulement leur grade et les dates de leur mort. 
  



Le cimetière est administré par la Commission des sépultures de guerre allemande (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge) qui a également la charge des trois autres cimetières militaires allemands en Belgique : Langemark, Menin et Hooglede.
  






Le cimetière contient aussi une statue – Les parents en deuil – œuvre de Käthe Kollwitz. Sculptrice allemande, qui a dédié cette statue à son plus jeune fils, Pieter, tombé à Esen, non loin de là, le 23 octobre 1914. Les yeux du père sont fixés sur la neuvième pierre à partir de lui, c'est là qu'est écrit le nom de son fils.
  


Passé le pavillon d'entrée, un panneau indique que le wifi est gratuit pour accéder à une application permettant d'avoir toutes les informations sur le cimetière et ses sépultures

jeudi 29 mars 2018

au cimetière allemand de Frasnoy

Proche du Quesnoy, entre Orsinval et Gommegnies, loin du centre du village de Frasnoy, se trouve le cimetière militaire allemand. Proche de la ville fortifiée du Quesnoy, le village a souvent subi les combats tout au long de l'histoire. La Grande guerre ne fait pas exception. Dans le cimetière allemand de Frasnoy sont rassemblés 4 447 corps de soldat allemands, dont 3 038 tombes et 1 449 anonymes en ossuaire.









mercredi 28 mars 2018

au coeur de Bavay

Bavay dans le Nord est le point de départ de sept chaussées Brunehaut.
Placée au centre d’un nœud routier, Bavay était le passage obligé entre la Germanie et le port de Boulogne-sur-Mer, tête de pont vers la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle)et siège de la Classis Britannica
   

Les autres voies, sept au total, reliaient la cité des Nerviens aux capitales des cités des peuples voisins (Amiens via Arras, Tongres, Cassel, Trèves à l’est et Reims au sud). Sa position est stratégique sur le plan militaire, mais très vite ces voies à vocation militaire (le futur empereur Tibère transite à Bavay avec ses armées vers l'an 4) sont utilisées à des fins commerciales.

 
 
Au centre de la place du bourg, une colonne heptagonale monumentale, érigée en 1872, surmontée de la statue de Brunehaut, reine d’Austrasie, mentionne, sur ses sept faces, sept directions. Les destinations en sont des capitales administratives de la Gaule belgique.


lundi 5 mars 2018

autour du château de Nampont (Somme)


Dans le département de la Somme, pas très loin de la limite avec le Pas-de-Calais, le "château" de Nampont est en fait une maison-forte, sise à l'exterieur du village.


Le fief de Nampont est cité dès 858 et appartint à la famille de Nampont jusqu'à la fin du XIIIe siècle puis à la famille de Bernâtre en 1335 avant d'échoir à la famille du Quesnoy en 1377. Après 1380 fut construite la porterie d'entrée. Au XVe siècle, Jean de Biencourt fut seigneur de Nampont. La seigneurie passa ensuite à Josse de Vaudricourt qui épousa Marie de Biencourt.
François Ier réunit, dans le château, les membres du parlement de Paris, en 1517, pour ratifier le Concordat de Bologne.
En 1635, les troupes du roi d'Espagne pillèrent le château. Il fut par la suite reconverti en poste douanier pour la perception de la gabelle.


En 1570, Anne de Vaudricourt transmet ses biens à la famille de Monchy d'Hocquincourt qui finit par vendre le château en 1712 à Becquin qui effectua les réparations nécessaires après les invasions espagnoles. La famille du Maisniel nouveau propriétaire poursuivit les réparations. Gédéon du Maisniel, propriétaire à partir de 1798, remplaça le pont-levis par un pont dormant et fit apposer ses armoiries à l'entrée.
 

La maison forte de Nampont est un édifice polygonal du XVe siècle construit autour d'une cour rectangulaire protégée par des douves en eau, alimentées par des sources. Une tour ronde au nord-est renforce le système défensif. Au sud-est, l'entrée est composée d'une porte charretière et d'une poterne aujourd'hui bouchée. Cette entrée était défendue par deux tours en éperon. Un pont-levis permettait de franchir les douves à chaque porte. Sont encore visibles les consoles de mâchicoulis construites au XVe siècle, postérieurement à la construction de l'entrée. Jadis pourvus d'un chemin de ronde dont il ne subsiste que quelques éléments, les murs défensifs sont percés de nombreuses meurtrières en pierre dure.
Au XVIe siècle, le système défensif est modifié pour être adapté à l'artillerie : des bouches à feu rectangulaires à double ébrasement sont percées à la base des tours en éperon, sur le flanc est et à la base de la tour ronde. Au nord, sont percées des canonnières arrondies.
 
 
Un puits octogonal ouvragé demeure dans un coin de la cour intérieure. Au nord, une tourelle d'escalier permet d'accéder aux étages supérieurs. La reconstruction du XVIIe siècle a gardé une partie du chemin de ronde percé de deux meurtrières ébrasées. Il donne accès au second niveau qui à partir de 1725, sert de poste de perception pour la gabelle.
En 1944, la courtine ouest avec un tour qui abritait des bâtiments agricoles est détruite par les bombardements. Des restaurations contemporaines visent en particulier à réparer les dommages de la Seconde Guerre mondiale.