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jeudi 30 avril 2015

insolite accident maritime du 12 mai 1940 : l'étrange collision de la Diligente

 Cette anecdote m'était sortie de l'esprit, elle m'avait été rapportée il y a quelques années par feu M. Wadoux, le dernier matelot dunkerquois de l'opération Dynamo... (coulé deux fois le même jour, il s'engagea chez les sous-mariniers de la FNFL).
 Le 12 mai 1940; la canonnière française La Diligente de la classe Friponne datant de la première guerre mondiale est amarrée à un appontement à Flessingue, aux Pays Bas; elle apporte du carburant pour les combattants; un camion citerne vient se ravitailler; lorsqu'ils sont attaqués par cinq bombardiers allemands, le lieutenant de vaisseau Le Roux, donne l'ordre de dégager le camion citerne, trop tard! une bombe explose sur l'appontement à cinq mètres du bord et fait voltiger le véhicule qui retombe sur la passerelle de La Diligente. Dans l'impossibilité de dégager le camion, la canonnière rentre à Dunkerque arborant un camion rouge accroché à la passerelle, après l'avoir bâché pour tenter de ne pas trop attirer l'attention! Il semble que les seules victimes aient été le navire et le camion. Dans sa poistion, bloquant la vue de la passerelle, le retour se fit en plaçant les hommes sur les ailerons...



à propos du Salisbury (1699-1739), dernier navire du Chevalier de Saint-Pol-Hécourt

Le Salisbury est un vaisseau a marqué son époque par son destin singulier. Construit outre-manche, il a servi dans l’escadre du Nord entre 1703 et 1708, et a pris part aux heures de gloire des corsaires Dunkerquois sous le commandement des chevaliers de Saint Pol Hécourt puis de Forbin-Gardanne. 
 
Le Salisbury est un vaisseau de 4ème rang et 50 canons. Il a été construit à Bailey’s Hard, en Angleterre et fait partie d’une série de 12 vaisseaux. Le Salisbury est du même type que le HMS Blackwall. 
 
La construction est ordonnée le 24 décembre 1695, le vaisseau est lancé le 18 avril 1698 et entre en service en 1699. Il est armé de 46 à 54 canons, soit de 20 à 22 canons de 12 en première batterie, 18 à 22 canons de 6 en deuxième batterie, de 8 à 6 canons de 6 en gaillard d’arrière et 2 canons de 6 en gaillard d’avant. 
 
Sous pavillon Britannique, il est armé de 230 hommes en temps de guerre, 160 hommes en temps de paix.
 
Le capt. Richard Lestock en prend le commandement en 1699. Il fait partie de l’escadre de Rooke en Baltique en 1700, puis surveille les abords de Dunkerque en 1701. En 1702, il est sous le commandement du capt. Richard Cotton.
 
Le HMS Salisbury est pris le 21 avril 1703 par l’escadre du chevalier de Saint Pol sur l’Adroit, au large d’Orford Ness, avec 17 morts et 32 blessés à bord. Marc Antoine de Saint Pol Hécourt en prend le commandement. 

C’est à son bord qu’il effectue une croisière aux Orcades de juin à octobre 1703 contre les harenguiers de Frise. Le 22 juin, la division comprenant le Salisbury, le Milford 40c (Damas de Marillac), l’Adroit 40c (De Sène), le Ludlow 32c ( De Roquefeuil) et la Fortune (Jean Havard, corsaire) attaque une division d’escorte Hollandaise forte de quatre vaisseaux. 
 
Le Salisbury s’empare du Soleil Doré 44c qui coule après le combat, l’Adroit attaque le Château d’Anvers avec tant de violence que le vaisseau Hollandais explose, coulant en même temps le vaisseau Français. Le Ludlow s’empare du Wolfswinckel 24c, mais le quatrième Hollandais s’échappe, laissant la flotte de pêcheurs et de marchands à la merci des Français. 108 navires sont brûlés, et les plus richement chargés pris. 
 
Après quelques réparations à Bergen, en Norvège, l’escadre reprend la mer et le Salisbury prend le 31 juillet le vaisseau Hollandais Zaamslag 30c. Saint Pol est rejoint par une division Française commandée par La Luzerne le 9 aout. La division de La Luzerne comprend l’Amphitrite 50c, le Jersey 44c (Camilly) et Les Jeux 36c (Beaujeu). Le Ludlow de Roquefeuil coule une frégate de 32c le 11 aout. Les deux divisions se séparent et travaillent chacune de son coté, car les commandants ne s’entendent pas. 

Après avoir pris d’autres navires, l’escadre de Saint Pol fait escale à Maesterland en Suède, puis rentre à Dunkerque le 14 octobre. Le Salisbury est armé en course en 1704, et quitte Dunkerque le 30 juillet. Il capture le 7 aout un bâtiment Anglais et sa prise Suédoise, le 10 aout, le HMS Lefoye 32c, 150 hommes après 1H30 de combat. Il attaque par erreur 15 navires de combat Anglais le 14 aout, mais réussit à leur échapper. Le 15 aout 1704 aux Scilly, il attaque 4 vaisseaux Anglais dont le HMS Revenge 70c et 480 hommes, qu’il ne parvient pas à aborder, mais l’Amphitrite prend le HMS Falmouth 52c avec l’aide de François-Cornil Bart sur l’Héroïne. La division de Saint Pol fait escale à Brest le 17 aout, l’Amphitrite et l’Héroïne y restent jusqu’au 7 septembre pour réparer, mais le Salisbury et le Jersey sont en mer dès le 23 aout, jusqu’au 15 octobre. 
 
Le Salisbury reprend la mer le 6 novembre avec l’Amphitrite et l’Héroïne et prend encore plusieurs navires en manche et dans le pas de Calais, avant de rentrer à Dunkerque le 14 décembre. L’escadre fait treize prises en cinq mois. Le 16 mai 1705, le Salisbury appareille de Dunkerque avec le Protée ex-Amphitrite (de Roquefeuil) et le Ludlow (d’Hennequin). Les équipages ont été difficiles à constituer pour cette mission. Le 18 mai, la division attaque l’escorte d’un convoi Hollandais de 16 marchands d’Amsterdam. Le Salisbury aborde le Wulverhorst 50c, le prend et le brûle. Le Raadhuis van Harlem 44c réussit à s’échapper, du fait de la faible combativité de l’équipage du vaisseau de Roquefeuil. Le Ludlow prend 6 marchands ramenés à Dunkerque. 
 
Le 15 juin, l’escadre de Dunkerque reprend la mer, rejoint la mer d’Iroise en faisant le tour de la Grande Bretagne par les Shetlands, arrive à Brest le 5 aout avec une seule prise. L’escadre repart le 6 septembre et protège l’arrivée d’un convoi venant de Saint Domingue entre le cap Ortegal et le Finistère, puis rentre à Dunkerque. Le 31 octobre 1705, l’escadre de Dunkerque attaque trois vaisseaux Anglais escortant onze flûtes de Baltique, à la sortie du port. Le Salisbury aborde le HMS Pendennis 50c, mais le chevalier de Saint Pol est tué d’une balle de mousquet. Son second, le CF d’Illiers prend le commandement. Le Pendennis en profite pour se dégager et aborde à son tour le Protée de Roquefeuil qui vient de prendre le Blackwall 50c. Le Triton 50c vient heureusement au secours du Protée, mais son commandant Descoyeux meurt à la fin du combat. Les deux vaisseaux Français parviennent ainsi à prendre les deux Anglais. Hennequin sur le Jersey a pris le HMS Sorlings 32c. L’escadre endeuillée rentre à Dunkerque avec ses prises et 530 prisonniers Anglais, 80 morts et 100 blessés. 
 
Le commandement du Salisbury est donné au chevalier de Vézins en 1706, d’Illiers prenant le commandement de la Dryade 44c. Le chevalier de Forbin a été nommé pour commander l’escadre du Nord en remplacement du chevalier de Saint Pol Hécourt. Celle-ci appareille de Dunkerque le 2 juin 1706, prend 7 marchands Anglais le 7 juin. Après avoir relâché à Conkalf en Norvège, l’escadre croise aux Féroé. Deux navires Hollandais sont pris les 12 et 13 juillet. 
 
Après une escale à Brest du 11 aout au 18 septembre, Forbin regagne Dunkerque. Le 11 mai 1707, l’escadre appareille de Dunkerque, le Salisbury est toujours commandé par le chevalier de Vézins, avec à son bord 330 hommes dont 9 officiers. Le 13 mai, l’escadre de Dunkerque engage 3 vaisseaux Anglais de 70 à 76c et une frégate de 40c escortant un convoi de 55 marchands à l’ouest du cap Beachy-Head. Le Salisbury attaque violemment le HMS Royal Oak 76c du baron Wylde, mais son commandant de Vézins meurt à son bord lors du combat, et le second, le baron d’Acy, est grièvement blessé. Le Royal Oak ne sera pas pris mais devra s’échouer à la côte à Dungeness avec 3,5 mètres d’eau dans les cales pour ne pas couler. Le commandement est confié au LV de l’Isle-Kerlo en mai 1707. L’escadre appareille de nouveau de Dunkerque le 10 juin 1707 pour une croisière en mer du nord en en arctique. Forbin fait au cours de cette croisière au moins 81 prises dont la plupart sont brûlées sauf quatre. 
 
Après avoir fait le tour de l’Irlande, l’escadre de Forbin fait escale à Brest. Le 21 octobre 1707, l’escadre de Dunkerque attaque aux côtés de la division de Duguay-Trouin une flotte marchande escortée de 5 vaisseaux, le Salisbury ne semble prendre que peu de part à ce combat. Le chevalier de Nangis en prend le commandement en 1708, et participe avec 11 vaisseaux à l’expédition d’Ecosse, mais attaqué par une flotte Anglo-Hollandaise de 40 vaisseaux, le Salisbury est repris le 23 mars 1708 par le HMS Leopard de l’escadre de Byng au large de l’Ecosse, et renommé HMS Salisbury Prize.
 
Le capt. Edward St Lo en prend le commandement et il est incorporé dans l’escadre de Mighell, en mer du nord, puis devant Dunkerque en 1710. Sous le commandement du capt. Robert Hartland, il part pour la Jamaïque en 1711, est à Carthagène en juin 1711. Le capt. John Clifton en prend le commandement en 1712 à la Jamaïque, puis rentre en Angleterre en 1712. Le HMS Salisbury est à Chatham en 1714. Il est refondu d’avril à aout 1714 à Woolwich. Il est renommé HMS Preston le 2 janvier 1716. Il semble avoir été vendu ou loué au commerce entre 1716 et 1718. 
 
Il est réintégré dans la Royal Navy en 1718 sous le commandement du capt. Robert Johnson, et fait le voyage vers la Turquie pour y emmener l’Ambassadeur d’Angleterre. Refondu de nouveau à Woolwich entre janvier et septembre 1719 pour 7780£, il reprend du service sous le commandement du capt. Edward Reddish en 1726, dans l’escadre de Wager en Baltique en 1726, puis à Gibraltar ( ?) en 1727. De nouveau en chantier à Woolwich entre juin 1709 et février 1730, puis de novembre 1733 à septembre 1734. Il entre en service pour la dernière fois sous le commandement du capt. Charles Cotterell en 1735, pour servir au large des côtes Anglaises. Il est désarmé en février 1739 à Plymouth puis démoli en 1739.

mardi 28 avril 2015

solitudes...

Nous vivons une époque formidable et terrible à la fois. Bien calés au fond de nos fauteuils, nous sommes avertis de la moindre catastrophe qui se déroule dans les endroits les plus improbables et dont, parfois, nous n'avons même jamais entendu parler. Nous vivons les guerres en direct, comme si nous étions sur les théâtres d'opération. La presse nous abreuve des moindres faits et gestes des "people" comme si leur seule parole était évangile et que leurs actes étaient une aventure en soi...
Nous sommes connectés au reste du monde, par les téléphones portables qui nous rendent si dépendants qu'on n'oserait même plus aller aux toilettes sans eux, les publicités qui envahissent nos boites à lettres sont devenues aussi numériques: spams, sms, fenetres pop-up intempestives... et de se demander si nous avons encore quelque intimité, même limitée... 
Pourtant, nul besoin d'être grand clerc pour voir que malgré cette foule, cette marée humaine réelle comme virtuelle, la solitude est réelle, sentie et ressentie, pesante et que la proximité n'est que factice... Et de se demander régulièrement comment l'on faisait et vivait "avant"...
Et si, en définitive, cette convivialité, cette proximité n'est qu'un trompe-l'oeil, représentation factice des rapports humains d'aujourd'hui.



















de l'autre côté de la "ligne"... ou le quotidien d'une batterie Flak de la Luftwaffe

 Ceux qui sont passés sous les drapeaux le savent, à un moment ou à un autre, l'on passe devant l'objectif pour "immortaliser" ces instants pris à la vie civile, plus encore en temps de guerre. Trainaient dans mes archives un lot de clichés d'une batterie anti-aérienne de la Luftwaffe installée sur notre côte, vraisemblablement aux alentours de Calais. Ni propagande, ni acrimonie, rien qu'un point de vue de l'autre côté d'hommes simples qui "faisaient leur temps" sur un littoral ou tous les tacticiens allemands, intoxiqués par la propagande alliée, la "répétition" de Dieppe et les opérations menées dans le cadre de l'opération "fortitude" pensaient être le lieu idéal pour un débarquement allié.. qui se fit bien mais quelques centaines de kilomètres plus à l'ouest...