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dimanche 20 mars 2016

l'histoire au seuil de la porte : le camp de réfugiés de Grande-Synthe a enfin déménagé

 Une semaine que le camp du Basroch à Grande-Synthe a déménagé vers le site de la limière, les réfugiés ont quitté le camp de toiles, enfin, pour être plus juste, le bidon-ville qui existait depuis 2006 près du centre commercial Decathlon/Jardiland mais ont l'expansion récente ne pouvait que faire craindre le pire. En effet, dans la boue, ces réfugiés, kurdes dans leur immense majorité, étaient plus de 2.600, parmi lesquels de nombreuses femmes et enfants.

 Les lieux, pour imparfaits qu'ils soient encore car coincés entre l'autoroute A 16 - qui les sépare du centre commercial Auchan - et le triage de Grande-Synthe, ont au moins le mérite d'être cloturés et au sec... Fantastique changement au regard de l'infâme bourbier du Basroch, situé en terrain inondable.  Autre spécificité, élaboré de concert avec la municipalité et Medecins Sans Frontières qui assure le suivi sanitaire et médical, il est le PREMIER camp humanitaire en France. Si l'Etat vise à ce que les réfugiés deviennent des demandeurs d'asile pour les répartir dans des structures dans toute la France, l'immense majorité d'entre eux ne vise qu'une chose : rallier l'Angleterre... ce que, bien entendu, notre voisin refuse, concédant tout au moins la possibilité d'accueil des mineurs devant rejoindre leurs parents au premier degré... autrement dit, seulement pour rejoindre leurs pères et mère, ce qui en réduit considérablement le nombre.

 Ouvert malgré l'opposition de la Préfécture du Nord en raison de divers points de sécurité, les autorités rappellent le "risque juridique personnel" pour le maire... curieusement, cette responsabilité n'etait guère préoccupante pour les autorités prefectorales auparavant alors qu'ils se situaient dejà sur le territoire de cette commune. Quoiqu'i en soit, la municipalité sera tôt ou tard confrontée aux problèmes de frais de fonctionnement qui viendront en surcoût de l'installation. Ici, plus d'occupation anarchique du terrain mais des rues, des tentes collectives et de cabanons chauffés...

 Comme hier au Basroch, la Linière grouille de nombreux bénévoles et volontaires, locaux et Français, européens venant d'Allemagne, de Suisse, de Belgique, des Pays-Bas... du Royaume-uni aussi... mais il leur faudra malgré tout déployer des trésors de persuasion pour leur faire comprendre que le Royaume-Uni, c'est "no way" ! En attendant, il faut nourrir, loger et soigner pas moins de 1.500 personnes, car le camp est déjà au maximum de sa capacité initiale... en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'une situation provisoire et transitoire, le camp n'ayant aucune vocation à devenir pérenne...












 Enfin des lieux de vie communs, des laveries, une infirmerie dignes de ce nom...





















 Bref retour sur le Basroch vidé de ses "occupants"... Les services des espaces verts travaillent à remettre les haies de saules tressés en état et d'autres s'acharnent à effacer les traces d'une longue et douloureuse occupation... Ce jour là, pas de boue mais les lieux, désormais silencieux et vides, ne peuvent que rappeler que - quoi que l'on en pense - le nouveau camp est un immense et réel progrès...



 l'arbre aux peluches, qui restera certainement le plus fort des symboles du camp du Basroch...





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